Le Groupe interdisciplinaire de recherche en archivistique (GIRA) a pour objectif général de réaliser des recherches interdisciplinaires en archivistique par ses activités, ses publications et les travaux de recherche de ses membres.
Jusqu'à maintenant, le GIRA a surtout privilégié la tenue de symposiums étant bien entendu que d'autres moyens tels que publications de textes scientifiques, débats, ateliers de discussions par exemple, ne sont pas exclus. L'ensemble des activités et manifestations du GIRA consiste donc en cinq symposiums tenus sur une période de vingt ans, 56 conférences prononcées devant plus de 400 personnes, cinq recueils réunissant les actes des symposiums et 56 textes scientifiques publiés et largement diffusés qui totalisent plus de 800 pages.
Nous espérons que notre présence sur le Web contribuera à mieux faire connaître nos intérêts et préoccupations de recherche et encouragera de nouvelles collaborations.
Bonne visite !


Le Groupe interdisciplinaire de recherche en archivistique (GIRA), dans le cadre de son 6e symposium, vous invite à participer à un échange de points de vue sur le thème « Les archives, de l’information à l’émotion » et vous propose de questionner diverses exploitations contemporaines des documents d’archives et d’en mesurer l’impact sur la discipline archivistique.
Depuis maintenant vingt ans le Groupe interdisciplinaire de recherche en archivistique (GIRA) réunit périodiquement la communauté archivistique d’ici et d’ailleurs autour de thèmes qui ont permis d’approfondir des questions d’actualité professionnelle. Le regard a d’abord porté sur la discipline et sur la profession elles-mêmes, sur la place qu’elles occupent en gestion de l’information et dans la société en général. À l’occasion des 3e et 4e symposiums, l’objet même de l’archivistique, les archives, s’est retrouvé au centre de la discussion par le biais de questionnements sur l’évaluation des archives et sur les archives électroniques. Puis, le 5e symposium s’est intéressé à ceux et celles qui utilisent son objet et qui l’exploitent comme une ressource vitale et essentielle au fonctionnement des organisations, à la réalisation de leurs activités et à la construction de leur savoir. Dans le cadre de son 6e symposium basé sur le thème « Les archives, de l’information à l’émotion », le GIRA continue d’encourager la communauté archivistique à porter le regard vers l’extérieur et se propose de questionner diverses exploitations contemporaines et innovantes des documents d’archives et d’en mesurer l’impact sur la discipline archivistique.
Objets de révélations divinatoires dans la Chine de la Haute-Antiquité, documents de gestion des ressources agricoles et de prélèvement des impôts en Mésopotamie, sources de pouvoir et de privilèges pour les souverains de l’Europe médiévale, les archives ont permis, à travers les époques et les civilisations, de consigner de l’information de nature diverse en vue de répondre, entre autres, à des besoins religieux, économiques, administratifs et politiques. Au XIXe siècle, en plus de constituer une source d’information administrative au service des États, les archives deviennent sources d’information pour l’histoire et, plus généralement, pour la recherche scientifique. Pour répondre à ces deux dernières utilisations des archives, la mission des archivistes, à partir du milieu du XXe siècle, a été et demeure la gestion des archives à des fins administratives ou de recherche en vue de satisfaire deux principaux types de clientèle : les administrateurs et les chercheurs. À travers cette brève rétrospective, il apparaît que la fonction et l’exploitation des archives sont évolutives et que le rôle des archivistes a été modifié en conséquence à travers les siècles et les pays : de devin, gardien des documents de l’État, historien, archiviste-paléographe, puis gestionnaire, l’archiviste a su s’adapter à la demande.
À l’aube d’un XXIe siècle caractérisé par une démocratisation sans précédent de l’accès aux technologies de l’information et de la communication favorisant la diffusion de documents originaux ou reproduits, on observe une exploitation parfois fort originale des archives. Ces dernières occupent de plus en plus de place dans les espaces public et privé à des fins commerciales, éducatives, ludiques, commémoratives, artistiques ou à des fins de promotion institutionnelle, régionale ou nationale. Ce phénomène nous fait découvrir ou redécouvrir que les documents d’archives n’ont pas seulement le pouvoir de témoigner ou d’informer, mais aussi celui d’inspirer et d’émouvoir à partir d’une mise en scène et une appropriation réalisées par des gestionnaires, des publicitaires, des artistes, ou des citoyens. Il est possible d’illustrer ce phénomène en évoquant, entre autres, l’œuvre de Robert Lepage, le « moulin à images », basée sur des documents d’archives à l’occasion de la commémoration du 400ème de la ville de Québec. Plusieurs publications, comme celle de Hélène-Andrée Bizier, Une histoire des québécoises en photos ou celle de Annie Erniaux, Les années, trouvent leur inspiration à partir de documents d’archives. Les archives sont également de plus en plus utilisées dans les publicités (Charcuterie Schneider), sur Internet (les expositions virtuelles de BAC, mais aussi l’ONF, Les archives de Radio-Canada, Simon’s, Bombardier, Bell), à la télévision (émission de José Houde à Radio-Canada), dans les expositions (100ème des HEC, Notman sur McGill College, Musée du Centre commémoratif de l’Holocauste à Montréal), ou au cinéma (Maurice Richard). De nombreux artistes intègrent les documents d’archives dans leur œuvre. Dans les bureaux, certains employés vont conserver dans des systèmes classificatoires personnels des documents, non pas pour leur valeur informationnelle, administrative, légale ou financière, mais en raison de la charge émotive que ces documents véhiculent (e.g., les « belles lettres »).
Ce 6e symposium du GIRA se veut un forum de discussion sur des sujets susceptibles d’apporter un éclairage nouveau aux thématiques et questions suivantes :
1. Les conditions de création de l’émotion : Sous quelles conditions émerge l’émotion suscitée par les archives ? Est-il suffisant et nécessaire qu’un document d’archives soit authentique, symbolique ou ancien pour susciter l’émotion ? Dans un contexte d’exposition le plus souvent multimédia, quel rôle joue la mise en scène dans la charge émotive véhiculée par un document d’archives ? Est-il possible d’expliquer le phénomène des archives comme source d’émotion d’un point de vue philosophique ou sociologique, par exemple?
2. Les utilisations innovantes des documents d’archives dans différents domaines : Quels sont aujourd’hui les « nouveaux » domaines d’utilisation des archives? (c’est-à-dire publicité, cinéma, arts visuels, littérature, multimédia), à quelles fins sont utilisées les archives ou quelles émotions sont visées? (c’est-à-dire susciter un besoin, divertir, choquer, accentuer l’identité, le sens de l’appartenance, le dépassement de soi, l’ambition, la commémoration), quels sont les contextes d’utilisation ? (c’est-à-dire vente de produits, campagne de financement, culture organisationnelle, promotion, publication de fictions), s’agit-il de l’effet d’une mode, d’un phénomène récurrent d’un point de vue historique ou de l’amorce d’une véritable conscientisation d’une société face à l’importance d’un passé collectif, familial ou personnel ?
3. Les conséquences sur la pratique et la théorie archivistiques : Les archivistes se sentent-ils interpelés par ce phénomène, par de nouvelles responsabilités? Existe-t-il des techniques facilitatrices de repérage et de mise en valeur des documents d’archives susceptibles d’être sources d’émotion ou de mise en valeur artistique? Où se trouve la frontière entre l’archive et l’œuvre d’art aussi source d’émotion? L’archiviste doit-il devenir muséologue ? Outre les traditionnelles et fondamentales valeurs primaire et secondaire assiste-t-on à la naissance d’une valeur tertiaire de nature « artistique-émotive-affective » jusqu’à ce jour négligée? Doit-on créer de nouvelles métadonnées qui tiendraient compte de cette nouvelle valeur ou ces dernières existent déjà mais ont tout simplement été ignorées ou sous-exploitées?
8h45 – 9h Mot de bienvenue
Carol Couture, directeur, Direction générale des archives, Bibliothèque et Archives nationales du Québec
9h – 9h15 Présentation du symposium
Robert Nahuet, archiviste, Direction des documents gouvernementaux, Bibliothèque et Archives Canada
9h15 – 10h Conférence d’ouverture : "L'émotion comme information: la subjectivité de l'historien devant le document émouvant"
Yvan Lamonde, professeur émérite, Département de langue et littérature françaises, Université McGill
10h – 10h30 Séance 1 : Les conditions de création de l’émotion
Denys Chouinard, archiviste, Congrégation de Notre-Dame
10h30 – 11h : PAUSE
11h – 12h Séance 1 (suite) : Les conditions de création de l’émotion
Nada Guzin Lukic, professeure, École multidisciplinaire de l’image, Université du Québec en Outaouais
Theresa Rowat, directrice et archiviste universitaire, Service des archives de l’Université McGill
12h – 13h30 : DÎNER
13h30 – 15h : Séance 2 : Les utilisations innovantes des documents d’archives dans différents domaines
Hélène-Andrée Bizier, écrivaine
Marie Belzil, documentariste (Le Moulin à images de Robert Lepage)
Yvon Lemay, professeur, et Marie-Pierre Boucher, finissante, École de bibliothéconomie et des sciences de l’information, Université de Montréal
15h – 15h30 : PAUSE
15h30 – 16h15 : Séance 3 : Les conséquences sur la pratique et la théorie archivistiques
Échanges autour de la question de l’émotion et de son impact sur la pratique des archivistes à partir des résultats d’un questionnaire adressé aux membres de la communauté archivistique québécoise.
16h15 – 16h30 : Conclusion du symposium
Sabine Mas, professeure, École de bibliothéconomie et des sciences de l’information Université de Montréal
16h30 – 17h : Conférence de clôture
Jacques Lacoursière, historien